27.08.2009

c'est quoi la Capoeira Angola?

La Capoeira Angola est un art martial particulier, dans ce sens que l’aspect artistique, culturel a une importance égale à l’aspect martial. leur savoir faire a été importée par les esclaves d’origine africaine, plus précisément d’origine bantoue, au fil des siècles de leur présence au Brésil. Elle est donc enracinée la culture afro-brésilienne. Elle en porte en elle des caractères, au même titre, entre autres, que la Samba, le Candomblé (qui est originaire du golfe de Guinée).

L’esclavage fut aboli au Brésil en 1888. Dès lors, une partie des pratiquants de la Capoeira utilisèrent leurs techniques, coups de tête, balayages, maniements du couteau, à des fins criminelles (vols, assassinats commandités…). Ceci eut pour conséquence la prohibition de la Capoeira. Une autre raison de la prohibition fut peut-être la volonté d’éliminer un aspect de la culture d’origine africaine au Brésil. La musique fut alors introduite dans la Capoeira, particulièrement le berimbau (arc musical à une corde, également d’origine africaine). Ainsi, à tout moment, un combat de Capoeira pouvait se transformer en une danse rythmée par les instruments, ce qui permettait d’échapper à la condamnation en cas de passage de la police.

L’évolution fut dans le sens d’une dissimulation de l’agressivité et de la dangerosité, tout en restant fidèle aux caractéristiques. L’aboutissement fut un combat déguisé en jeu où prédominent la dextérité et la ruse plutôt que la force brute. Un exemple de l’influence de l’Histoire sur la Capoeira est que c’est un combat où l’on n’agrippe pas l’adversaire, afin de pouvoir instantanément transformer le combat en danse. Dans les années 1930, deux courants se sont distingués. Du fait de la levée de la prohibition de la Capoeira, celle-ci commença à être pratiquée dans des clubs sportifs, plutôt que dans la rue, les champs ou la forêt.

Là, certains pratiquants y ajoutèrent des coups provenant d’arts martiaux asiatiques. Ainsi naquit la Lutte Régionale de Bahia, état où elle fut développée par Mestre (Maître) Bimba, soutenu par le gouvernement. La dénaturation de la Capoeira ancienne fut si profonde que le nom même de Capoeira fut (temporairement) abandonné. Encore un indice de la volonté d’éliminer les traces de la culture d’origine africaine au Brésil ? Par opposition, des pratiquants attachés à la conservation de leur art traditionnel, emmenés par Mestre Pastinha, ont adjoint le suffixe Angola à Capoeira, pour en souligner l’origine culturelle africaine.

Mestre Pastinha, un grand représentant de cette culture, affronta beaucoup d’adversité, par exemple quand sa salle de cours fut réquisitionnée. De même, à son décès, l’on put lire dans les journaux que la Capoeira Angola mourut avec Pastinha, ce qui fut immédiatement contredit par ses élèves, qui furent nombreux. Parmi eux, Mestre João Grande, qui à son tour eut pour élève Mestre Moraes, qui fut le maître de Mestre Braga.

L’évolution de ces deux courants a conduit d’une part à la Capoeira Regional, largement connue aujourd’hui, caractérisée par de nombreuses acrobaties et des pratiquants impressionnants par leur masse musculaire, et d’autre part à la Capoeira Angola, plus traditionnelle et moins répandue, caractérisée plutôt par la ruse et la dextérité, et surtout, pas une gymnastique, mais une culture.

26.08.2009

Mestre Curio

 L'association Jogo de Mayanga organise : La Rencontre de Capoeira Angola Avec Mestre Curió de Salvador da Bahia - Brésil : le 02, 03 et 04 octobre 2009 ( première venue en France de Mestre Curió )

22.08.2009

Un grand MERCI pour son soutien à

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Un peu d'histoire..

C'est en 1500, lorsque les portugais ont investi le Brésil que tout a commencé. Très rapidement, les cultures se développent, notamment la culture de la canne à sucre. Pour mener à bien l'exploitation des terres, de riches colons réduisent des hommes à l'état d'esclaves. D'abord, ils commencent par les indiens mais ceux-ci sont trop vulnérables aux maladies européennes.

- XVIè siècle : Les colonisateurs européens du Nouveau Monde commencent la déportation des esclaves d'Afrique. Les portugais pratiquent la traite principalement en Angola, en Guinée et vers la côte sous le Vent, appelée aussi côte des Esclaves, de l'embouchure de la Volta à celle du Niger. Aujourd'hui encore au brésil, on se souvient des noms de ces peuples : Bantu, Gêge, Nagô.
Les négriers blancs pratiquaient la traite comme une banale activité commerciale mais les Nègres n'ont jamais accepté la captivité ni le fait d'être vendus et achetés comme de simples marchandises. Ils étaient choisis comme des animaux pour la qualité de leur dents et de leur force physique, forcés à travailler sans repos, souffrant des coups de bâtons et dormant dans les "senzalas".
A toutes les époques, ils ont cherché à reconquérir leur liberté. Cependant, ils ne pouvaient obtenir aucune des armes de l'époque, ils ont donc, à partir de leur traditions, développé un art de défense qui utilise uniquement les ressources du corps. Pour ne pas montrer leurs intentions de combat lorsqu'ils s'entraînaient, ils pratiquaient les mouvements sous l'apparence d'une danse tribale appelée "danse du zèbre" ou "N'golo". Les mains attachées, ils utilisaient seulement les pieds. Les maîtres et les surveillants, à les voir, n'imaginaient pas le danger que représentait cette danse et qu'elle cachait toute la révolte et le désespoir des esclaves.
La capoeira est sans doute née ainsi ; en tapant des mains, en chantant des chansons aux paroles allusives, en dansant. Elle maintenait avec la perspective de la fuite, de la révolte et de la liberté, la dignité des Nègres du Brésil.
Certains esclaves réussisent à prendre la fuite, ils vont se regrouper et constituer des "quilombos". Parmi les plus connus, le quilombo de Palmarès a tenu tête à l'armée jusqu'à l'assassinat de leur chef, le "Roi Zumbi"par des mercenaires (1655-1695.) Zumbi a été le chef le plus mythique. Dans ces camps de réfugiés, des esclaves opprimés de toutes origines, noirs, blancs, métis, indiens se rencontrent. C'est toute une population d'exilés aux origines différentes qui va se lier et s'unir pour défendre leur liberté ; les cultures se mélangent, et la capoeira se développe, lutte faite de coups de poings, de coups de pieds, et de violence.

- 1822 : Indépendance du Brésil.

- 1871 : Vient la loi "du ventre libre" qui octroie la liberté à tous les enfants d'esclaves à naître.

- 1888 : Signature du décret de l'abolition de l'esclavage par la Princesse Isabel.
Le processus de l'abolition de l'esclavage a été très long et il aura fallu plus de 280 ans avant que ce commerce très lucratif pour certains soit abolit. Le brésil est le dernier pays à avoir abolit l'esclavage grâce à la "loi d'or" et La Princesse Isabel .
Deux ans après l'abolition de l'esclavage, la plupart des documents furent brûlés par le ministre Ruy Barbosa, qui croyait ainsi pouvoir effacer "une tâche noire dans l'histoire du pays". Les sources d'une étude sur les origines des anciens esclaves et même sur le nombre exacte d'Africains amenés au Brésil sont donc perdues.

- 1890 : Interdiction de la capoeira jusqu'en 1937. Après l'abolition de l'esclavage, des milliers de gens se sont retrouvés libres, livrés à eux-même, sans logement, sans nourriture, sans travail et donc sans argent, dans la misère et la pauvreté. Pour survivre, des milices criminelles appelées "maltas", composées de capoeiristes, vont se former et répandre la violence. Ils pillaient et agressaient les plus riches en utilisant la capoeira. Pourchassés par la police, ils risquaient plus de 300 coups de fouets, la section des tendons, la prison, la mort ou l'exil. C'est à cette période que surgirent des figures légendaires, les "jogadores" terribles, lutteurs très dangereux comme Besouro Manganga, Nascimento Grande, Manduca da Praja, chantés encore aujourd'hui dans les rondes de capoeira. C'est à cette époque aussi que les capoeiristes vont se donner des surnoms afin de ne pas être pris par la police.
(Il faut aussi souligner, que les autres manifestations de l'identité afro-brésilienne, Candomblé, Samba, Afoxé, etc… étaient interdites à l'époque.)

- 1930 : Après la période des révolutions des années 1930, le gouvernement de Getulio Vargas chercha un appui auprès du peuple. Un esprit plus ouvert à l'égard des traditions populaires régnant parmi les dirigeants du pays.
Un Maître de Capoeira, Manoel Dos Reis Machado, Mestre Bimba demanda et obtint l'autorisation d'ouvrir à Salvador la première Académie de Caporeira sous le nom de l'Association de Lutte Régionale de Bahia. Mestre Bimba créa là un style particulier, intégrant dans un but d'efficacité combattante, quelques coups issus du Batuque et d'autres divertissements populaires brésiliens, ainsi que des mouvements issus d'arts martiaux étrangers : jiu-jitsu, judo, savate et abandonnant une partie de l'héritage traditionel qui selon lui convenait à des esclaves mais non à des hommes libres. Le style issu de l'enseignement de Mestre Bimba est connu sous le nom de Capoeira Régional ou
lutte régionale de Bahia.
Peu de temps après, Vicente Ferreira Pastinha, ouvrit son académie, utilisant ouvertement le mot capoeira, revendiquant une Capoeira "pour l'homme, l'enfant et la femme", cherchant à maintenir les valeurs de dissimulation, de ruse et de tradition, et non pas une capoeira accessible uniquement aux athlètes les plus entraînés. Mestre Pastinha développa avec ses disciplines le style de Capoeira Angola, qui attache, outre les valeurs déjà citées, une grande importance au "jeu de sol".
Les différences entre ces deux visions, amplifiées par la rivalité entre les écoles, ne doit pas nous cacher la cohérence profonde de la Capoeira, spécialement au niveau le plus avancé de la connaissance. La ginga (son mouvement de base), l'essentiel de ses rituels et de sa courtoisie, les instruments de musique, les chants, le danger potentiel dans la ronde, un grand nombre de ses techniques sont communes à toutes les tendances.

Voici une vidéo  de 1986 avec de nombreux "Mestre"comme,

João Pequeno, Moraes, Curió, Boca Rica, Cobra Mansa, Goiano et Pesado.
 

 

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